Anys Mezzaour : « Algérie, tu es belle comme un 22 février, tu seras libre comme un 1er mars »

Anys Mezzaour : « Algérie, tu es belle comme un 22 février, tu seras libre comme un 1er mars »

Le jeune romancier algérien, Anys Mezzaour, a décidé de prendre la plume pour nous faire le portrait de l’histoire en marche qui est en train de se dérouler en Algérie.

Algérie, tu es belle comme un 22 février, tu seras libre comme un 1er mars

Tu es grande comme un 1er novembre, tu es jeune comme un 5 juillet, et dorénavant tu es belle comme un 22 février. Algérie, tu seras libre comme un 1er mars et toutes les journées qui suivront.

Entends-tu ? Là, juste là. Ce bruit, ce murmure, ce fracas. Ce vent de liberté qui souffle fort sur toi. Respire-le à pleins poumons. Ce sont des youyous, ce sont des slogans, ce sont des cris, des hurlements de joie, des pieds qui battent le pavé, c’est la liesse de tes filles, de tes fils. C’est ce peuple que tu as enfanté. Maintenant, c’est lui qui accouche de son destin.

Entends-tu ? C’est ce peuple qu’on a voulu faire te tourner le dos. Mais c’était ignorer tout ce que vous vous êtes donné. Il a souffert, longtemps souffert, puis il t’a libérée et de nouveau souffert sans jamais t’abandonner. Tu l’as comblé de richesses, tu lui as donné ta terre, fertile, puissante, généreuse. Tu l’as éduqué, instruit, guidé.

Entends-tu ? Ce sont les murs de tes palais qui tremblent. C’est le vernis de leurs dorures qui craque. Ce sont leurs lustres qui vacillent. Ce sont leurs grilles qui s’ouvrent pour laisser pénétrer les cortèges populaires. Là est leur place, dans la grandeur, pour admirer les portraits de leurs héros, de leurs martyrs.

C’est notre Nation que nous nous approprions                                                  

Entends-tu ? C’est ton hymne que nous chantons, c’est ton drapeau qui flotte, qui fouette l’air fièrement, ce sont tes chaînes que nous brisons.

Entends-tu ? Ce sont tes filles, tes femmes, tes vieilles, tes garçons, tes hommes, tes vieux, tes enfants, tes couples, tes familles, c’est notre union, c’est notre Nation que nous nous approprions enfin.

Entends-tu ? C’est la peur qui s’en va, c’est le silence qui se tait, c’est la lumière qui revient. Sous nos pieds, à chaque pas, renaît la dignité. Dans nos cœurs revient l’espoir, l’honneur désavoue l’infamie et la honte laisse place à la fierté. La fierté d’être Algérien, d’hériter de ton histoire et de ta terre, la fierté de continuer l’œuvre de nos ancêtres, la fierté de rendre hommage à nos morts qui sourient tendrement en nous regardant de là où ils sont.

Entends-tu ? Le peuple libéré, partout rassemblé, criant sa volonté. Il impose, par milliers, par millions, sa présence attendue. Il réclame ses droits en exerçant son devoir le plus vif : s’indigner. Calmement, pacifiquement, il triomphera comme il l’a toujours fait. Et toi, courageusement, tu l’aideras. Car quand il manifeste pour lui, il manifeste pour toi.

La renaissance algérienne tant espérée est là

Entends-tu ? Ils reviennent. Ces cohortes de jeunes qui partaient, te tournant le dos à contrecœur, les larmes aux yeux et la gorge nouée, en quête d’élévation que tu es en mesure de leur offrir maintenant. Ils reviennent. Nos frères adorés, ton visage le plus beau et le plus innocent. Ils reviennent.

Entends-tu ? Ce sont tes journalistes, tes médecins, tes avocats, tes étudiants, tes architectes, tes artistes, oui tes artistes, qui entonnent le chant de la patrie. Ces générations que tu as formées, elles sont là aujourd’hui pour te relever sous le soleil et la bannière.

Entends-tu ? C’est l’Histoire que tu retrouves, ce sont les nations qui te regardent, c’est le monde qui t’admire.

Entends-tu ? C’est la mobilisation de tous, c’est la convergence des protestations, c’est la grande fête de la fraternité. On y chante ta gloire et on célèbre la renaissance. La renaissance algérienne que nous avons tant espérée, tant attendue, est là. À portée de main. Saisissons-la !

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