Entretien : Ryad Girod, « Un grand prix littéraire rend visible »

Entretien : Ryad Girod, « Un grand prix littéraire rend visible »

L’écrivain algérien, Ryad Girod, a accordé un entretien à Littérature-Algérienne pour la parution de son nouveau roman, Les Yeux de Mansour, aux Editions Barzakh. Ce dernier vient de décrocher le prestigieux Prix littéraire Assia Djebar 2018.  

Vous venez de remporter le Grand Prix Assia Djebar, qu’est-ce que cette récompense signifie pour vous dans votre jeune carrière d’auteur ?

C’est une grande joie et une grande satisfaction. Un honneur immense de voir son nom associé à celui d’Assia Djebar. Ecrire, de façon évidente, exprime l’envie d’être lu. Un grand prix littéraire rend visible et permet d’élargir son lectorat. Oui, belle satisfaction.

Le Prix Assia Djebar a-t-il commencé à influencer les ventes du roman, une réédition est-elle envisagée ?

Je n’ai aucun retour là-dessus mais je pense que oui. De nouveaux lecteurs, curieux de découvrir mon écriture et mon univers me contactent ou m’ajoutent sur les réseaux sociaux. Une réédition, probablement.

Une tournée littéraire pour rencontrer vos nouveaux lecteurs est-elle au programme ? 

« Une tournée » est un terme un peu toomuch. Mais des rencontres littéraires dans quelques villes d’Algérie, oui ! Médéa, Mascara, Constantine, Béjaia… J’aimerais également me rendre dans des régions un peu mises à l’écart de la littérature francophone, je pense aux hauts plateaux et au grand sud algérien.

Les Yeux de Mansour paraîtra le 07 mars prochain en France aux Éditions P.O.L, comment cela s’est-il fait ? 

Selma, mon éditrice, l’a bien raconté dans son interview accordée à Reporter.dz. C’est, presque comme toujours, une rencontre magique entre un auteur et un éditeur. Frédéric Boyer, patron des éditions P.O.L mais aussi auteur et traducteur (notamment de Saint Augustin), a beaucoup aimé mon texte et donc tout s’est fait de façon évidente.

Pourquoi avez-vous choisi de traiter ce sujet de l’exécution en Arabie saoudite ?

Sans vouloir vous peiner, je n’en fais absolument pas le thème majeur de mon roman. C’est plus autour de la compréhension (possible ou pas) de notre époque que s’articule mon texte. L’Arabie et ses formidables paradoxes se prêtaient bien au traitement de ma problématique. L’exécution, plus précisément,  rappelle la passion de Hallaj au Xème siècle à Bagdad.

Vous faites un parallèle entre la vie de l’Emir Abdelkader et celle de Mansour, le personnage principal du roman. Quel est le lien entre les deux hommes ?

Mansour est un syrien descendant (arrière-arrière petit fils) de l’Emir. Comme il y en a quelques-uns dans cette région du monde. Il a hérité de ses yeux, clairs et dessinant un regard très singulier. Mais pas seulement. Il y a chez Mansour une spiritualité exceptionnelle…

Si je vous dis littérature algérienne, vous me répondez…

Comme ça, direct : Boudjedra !Alloula !      

Merci de nous avoir consacré du temps, un dernier mot ?

Merci, bien évidemment.

LittératureAlgérienne.com

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