Débat sur la pensée de Mohamed Arkoun à Tizi-ouzou

Débat sur la pensée de Mohamed Arkoun à Tizi-ouzou

La pensée de Mohamed Arkoun a besoin de « médiateurs actifs » dans nos sociétés pour servir à contrer les maux de la mondialisation, ont soutenu dimanche, à Tizi-Ouzou, les intervenants à la deuxième journée du colloque international dédiée à son œuvre.

Appelant à ne pas « pousser le réalisme à son paroxysme, qui est le pessimisme » Ghaleb Bencheikh, président de la fondation de l’islam de France, a estimé que la pensée de Arkoun est « d’actualité plus que jamais » rappelant ses concepts d »’ignorance sacralisée », « ignorance institutionnalisée » auxquelles il a ajouté « l’ignorance complexe », qui ont contribué à susciter « l’islamophobie d’aujourd’hui » comme réaction.

« Il nous faut un ruissellement naturel de la pensée de Arkoun qui est faite de déplacements et de dépassements pour pouvoir impacter nos sociétés, transcender ces situations figées que nous nous sommes créé de nous-mêmes et atteindre l’universel » a-t-il soutenu. Aissa Kadri, enseignant-chercheur à l’Université Paris 8, a souligné pour sa part que la pensée de Arkoun est le fruit de « la distanciation vis-à-vis valeurs locales » et tendait du « spécifique à l’universel ». Ce qui lui a permis, a-t-il ajouté, de produire et de « prôner un discours moderniste en opposition aux discours traditionnalistes et conservateurs ambiants dans une société sous domination d’un pouvoir colonial ».

Insistant sur la dichotomie scientifique et idéologique dans les positions du penseur, Abderrezak Guessoum, président de l’association des Eulémas algériens, a confirmé, de son côté que le discours de Arkoun allait à contre sens du « discours dominant » parmi les élites musulmanes, rappelant, à cet effet, une de ses interventions lors d’un séminaire sur la pensée islamique organisée à Alger en 1985, qui avait suscité toute une journée de débats.

Traitant de la compréhension du texte coranique, Arkoun, rappelle-t-il, avait appelé au « dépassement de plusieurs notions telles la polygamie et la question de l’héritage de la femme ». Ce qui avait, a-t-il ajouté, « bousculé les savants et théologiens présents dont Mohamed Al Ghazali, Cheikh el Boti, Chadli Nifer et Al Qaradhaoui « .

Un diplôme d’honneur, à titre posthume, discerné au penseur par l’Assemblée populaire de wilaya, organisatrice de ce colloque a été remis à sa fille à la fin des travaux de ce colloque.

APS

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