Le Lauréat du prix Assia Djebar, M’henni Khalifi : « Faire de la littérature amazighe un champ d’expression et de création »

Le Lauréat du prix Assia Djebar, M’henni Khalifi : « Faire de la littérature amazighe un champ d’expression et de création »

Le lauréat du Grand prix Assia Djebar, M’henni Khalifi, en langue amazighe s’est exprimé au sujet de cette consécration et de l’évolution de l’édition en tamazight dans un entretien accordé quotidien Reporters.

Le romancier a déclaré : « Je suis naturellement ravi et content d’être distingué. C’est une récompense à mes efforts. Cela dit, mon mot va à tous ceux qui ont présenté leurs textes au Grand Prix dans les différentes variantes de tamazight. Je leur dis que c’est une fierté d’être distingué, mais le fait de ne pas être lauréat ne devrait pas les dissuader d’écrire dans cette belle langue. », il a ajouté : « Bien au contraire, ils doivent écrire et travailler dur pour la promouvoir, la généraliser et la mettre au diapason des développements juridiques et institutionnels. Je parle de la Constitution de 2016, qui a hissé tamazight au rang de langue officielle du pays. A côté de cette reconnaissance historique, il y a maintenant place pour le travail individuel et collectif. Les écrivains de langue amazighe doivent avoir confiance en eux-mêmes, travailler pour s’améliorer et parvenir à faire de la littérature d’expression amazighe un champ d’expression et de création aussi important que la littérature d’expression arabe et française en Algérie. ».

Au sujet de l’édition en langue amazigh, le lauréat de l’édition 2018 dira : « L’édition en tamazight était vraiment à la traîne, mais depuis l’officialisation de tamazight, la production littéraire comme l’édition connaissent un frémissement en dépit de toutes les difficultés que rencontre l’édition dans notre pays, en général. », avant d’enchaîner : « Auparavant, il n’y avait pas de marché du livre amazigh, il n’est pas encore consistant mais il se crée grâce à des éditeurs qui ont le mérite de donner de la visibilité à la production en tamazight. ».

Concernant les intrigues et les personnages de son livre, M’henni Khalifi dira : « Pour aller vite, le texte met en scène le personnage de Slimane, une vieille personne qui perd la raison, une figure qui oscille entre le normal et l’anormal puis qui glisse dans l’irrationalité. Mieux vaut le lire et conseiller de le lire, je pense. Cela permettra le débat au moins pour avancer en littérature comme dans toute chose. ».

LittératureAlgérienne.com

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