Entretien : Littérature-Algérienne part à la rencontre d’Amira-Géhanne Khalfallah

Entretien : Littérature-Algérienne part à la rencontre d’Amira-Géhanne Khalfallah

L’écrivaine et journaliste algérienne, Amira-Géhanne Khalfallah, nous a accordé un entretien exclusif pour la sortie de son premier roman, Le naufrage de la lune, aux éditions Barzakh.

Vous venez de publier votre premier roman, Le naufrage de la lune, aux éditions Barzakh, pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Le naufrage de La Lune a pour arrière-histoire l’invasion des côtes jijéliennes par les troupes de Louis VIX en 1664. C’était une grande offensive menée par le jeune monarque après sa perte du Bastion de France, près de La Calle. Il y avait beaucoup de guerres à cette époque mais ce siècle était aussi très riche artistiquement, il y avait également de nouvelles découvertes scientifiques qui allaient bouleverser le monde. Le 17ème siècle est fascinant et beaucoup de choses se sont jouées à ce moment-là de l’histoire. Je me suis inspirée de ce contexte historique que je trouvais très fertile mais j’accorde davantage de place à mes personnages, à leur vie de tous les jours. C’est l’humain qui m’intéresse avant toute chose. La deuxième partie du livre se déroule exclusivement à Jijel. La ville a été détruite, il a fallu tout réorganiser, apprendre à vivre à nouveau.

Vous êtes écrivaine et vous avez longtemps écrit pour le théâtre, quelle discipline vous convient le plus et quelles différences entre les deux ?

J’ai écrit pendant longtemps pour le théâtre. J’ai toujours été attiré par cet art de la transversalité par excellence et de l’instant. Arts plastiques, littérature, musique, mise en scène…toutes les formes artistiques se rencontrent sur les planches. Aussi la mise en voix des textes et l’incarnation des comédiens me fascine depuis toujours. J’aime écouter les histoires, entendre les mots. Le roman est une nouvelle expérience.  La forme s’est précisée au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire. Je découvre l’écriture romanesque, son exigence. C’est très différent du théâtre et j’avoue qu’on y prend goût facilement.

Vous vivez depuis 2007 au Maroc et vous avez décidé d’éditer votre livre en Algérie, pourquoi ce choix ?  

Il est important pour moi d’éditer ce livre en Algérie. D’abord, je suis Algérienne et mon histoire se déroule en grande partie en Algérie. Je voulais, par ailleurs, que le livre soit accessible à un large lectorat et telle est la démarche de mon éditeur.

Avez-vous l’intention de venir en Algérie pour rencontrer votre futur lectorat et présenter votre roman ?

Bien sûr, des rencontres, débats, signatures sont prévus. Il faut être à l’affût du programme que Barzakh publie sur sa page officielle.

Dans vos pièces de théâtres la condition féminine est un thème qui revient beaucoup, Le naufrage de la lune fait-il exception à la règle ?  

La condition de la femme fait partie de celle de l’humain. On ne peut dissocier l’une de l’autre. Mes personnages, hommes ou femmes, inspirés de la réalité ne peuvent que raconter les différences et les déséquilibres entre les deux. Cela ne veut pas dire que les femmes sont victimes. Bien au contraire. Dans, Le naufrage de La Lune, Elles sont à des endroits où on ne les attend pas et certainement pas dans les harems. J’ai voulu à travers ce livre m’éloigner le plus possible de l’orientalisme et de son univers fantasmé.

Si je vous dis littérature algérienne, vous me répondez… ?                      

La littérature algérienne pour moi n’est pas seulement des noms d’auteurs. Je peux bien sûr, vous en citer plein. Mais je préfère les histoires. Je me souviens souvent de noms de personnages que du nom des auteurs. Je pense que c’est la meilleure consécration pour un écrivain.                                    

Littérature Algérienne

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