Sarah Haidar, Le pacifisme est devenu une religion inattaquable

L’écrivaine algérienne, Sarah Haidar, a accordé un entretien à France Culture où elle parle de son dernier roman La Morsure du coquelicot édité chez les éditions Métagraphes.

Quelques extrais de l’entretien :

Je ne nomme pas le pays dans le roman car je ne veux pas emprisonner le lecteur dans un contexte, géographique ou temporel. Le roman reste apatride, j’y tiens, n’importe qui peut le lire sans se sentir étranger.

Dans le roman je décris une atmosphère anté-révolutionnaire où il y a des autodafés, des lynchages de femmes, où on brûle les livres, on emprisonne et torture à tout va, ça ne se passe pas en Algérie actuellement mais l’atmosphère abstraite qui est décrite ce sont les conditions de soumission de résignation à un système politique autoritaire, cela peut se produire en Algérie comme partout dans le monde…

La légitimité de la violence révolutionnaire a toujours été défendue au fil des siècles. Aujourd’hui nous sommes arrivés à une espèce de léthargie où le pacifisme est devenu une religion inattaquable et où on ne veut pas voir que face à une violence qui s’exprime tous les jours envers les citoyens il y a peut-être lieu d’user de légitime défense et de prendre les armes.

J’ai appris à aimer la Kabylie, pas dans le sens folklorique ou juste parce que ma famille est issue de là, mais parce qu’en allant dans mon village très souvent depuis mon enfance, un village démuni resté dans le même état depuis les années 60 ans, j’ai appris à aimer l’attachement des gens à la terre, le mélange qu’ils ont réussi à faire entre leur paganisme originel et l’islam qu’ils ont réadapté à leurs coutumes, à leur vie de tous les jours. De plus, la Kabylie reste la région la plus insoumise d’Algérie.

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