Entretien : Mohammed Amrous, un jeune écrivain à découvrir

Contacté par la rédaction, Mohammed Amrous a eu l’amabilité à répondre à nos questions sans ambages ni détours.

Nous vous laissons le soin de  découvrir le parcours du jeune écrivain et surtout ses projets littéraires et les motivations à s’investir dans l’écriture francophone.

 

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis essayiste, poète et journaliste d’expression française. Natif de Tigzirt /mer (Tizi Ouzou). J’exerce comme journaliste indépendant dans la presse écrite et électronique. J’ai fait bac plus 3 en littérature et civilisation anglaise à l’université Mouloud Mammeri de Tizi ouzou. Je me suis retrouvé en journalisme et en écriture… Je partage ces passions. Je m’intéresse à tout ce qui touche au secrétariat et à la communication écrite dès mon jeune âge. J’ai commencé mes premiers pas dans des mouvements associatifs où j’ai acquis un certain bagage. C’est une chance inouïe pour moi, car beaucoup de ma génération n’ont pas su saisir cette occasion. Alors que je n’avais pas une bonne situation qu’ils avaient. Mais ce qui m’a stimulé de m’investir avant tout dans l’alphabétisation et faire des études, c’était les conditions de vie inclémentes. A mon époque, il y  avait peu de moyens et les gens ne lisaient pas car étant pris par leurs préoccupations quotidiennes. Idem pour moi. Par contre, j’avais compris une chose que sans les études, il serait difficile d’y arriver. Je fréquentais les gens instruits et frayais les vieux de village qui me transmettaient leur savoir, leur sagesse sur la vie et qui me conseillaient beaucoup à faire  des études. Je retiens qu’on me conseillait qu’il fallait au moins apprendre à lire, à écrire et à compter. C’est tout ce qui m’a motivé à m’investir dans les études et surtout en la littérature. Lire, écrire et produire. C’est le cas aujourd’hui. Je me réjouis de ces acquis car j’ai su dépasser le cap et pu parvenir à réaliser un rêve qui demeure gravé en moi. Ce rêve ou cet élixir, c’est d’écrire pour servir la société et non pas pour l’asservir. L’objectif d’écrire n’est pas de gagner de l’argent mais d’éclairer la société par son savoir et ses acquis pluridisciplinaires.

L’argent viendra après avoir travaillé. On récoltera après la semence. Donc, il y a un temps à respecter.

En un mot, j’écris pour être utile et être serviable à la société!

Voilà la genèse de mon parcours et des motivations qui m’ont permis d’être ce que je suis aujourd’hui et pourquoi je me fraye le chemin littéraire et journalistique.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé au secrétariat et à la communication écrite ?

Comme je vous l’ai expliqué en introduction, je me suis intéressé d’abord à lire, à écrire et à compter. Ce sont les notions de base qu’on apprend et qu’on nous apprend à l’école. Ce qui m’a motivé  plus, c’était le taux de la déperdition scolaire, la misère qui régnait et l’inaccessibilité de l’école à beaucoup de gens à cause du manque de moyens et les préoccupations des uns et des autres.

En effet, c’est j’ai pu être là où produire, c’est parce que j’avais écouté les vieux de village, mes parents…

Les vieux de village m’encourageaient souvent à m’instruire et à faire des études supérieures pour être utile pour soi, pour ses parents et surtout à servir la société.

Tous les conseils que j’avais reçus d’eux, me sont aujourd’hui utiles.

D’ailleurs, je les remercie et leur rends hommage. J’ai profité de leur sagesse, savoir vivre, savoir faire, de leurs expériences et leçons, etc.

Une autre motivation, c’était le niveau d’étude qui n’était pas bon faute de moyens et surtout à cause d’une politique d’enseignement et de pédagogie. Ce qu’on ne nous a pas enseigné, je l’ai appris moi-même. Je m’en suis autosaisi.

A titre illustratif, à l’école, on doit nous enseigner aussi à écrire une lettre, une demande, faire un CV, un rapport, et nous initier à la littérature sous toutes ses formes.

Le système a été contre notre gré et le hic qu’on avait suivi des cours en l’unique langue qu’est l’arabe. Je ne suis pas contre la langue arabe, mais je me demande  pourquoi ils ne nous enseignaient pas d’autres langues étrangères pour acquérir des notions, un background en particulier la langue maternelle le kabyle ou le berbère (Tamazight) qui fut interdite dans l’école algérienne. Alors que Tamazight est une langue vivante et une langue des autochtones du pays Algérie. Tamazight et la civilisation berbère sont un patrimoine inestimable plusieurs fois millénaires. Ce n’est pas un secret de polichinelle.

En conséquence, un élève ou un étudiant est censé connaître à lire, à écrire, à compter, à dialoguer et à produire un dialogue des dialogues facilement dans toutes les langues. Hélas, ce n’est pas le cas.

En intégrant la vie professionnelle, la première chose qu’on nous demande, c’est de faire CV, écrire une lettre de motivation, faire un entretien soit oral ou écrit qui est souvent assujetti à la culture générale…

Savoir communiquer et écrire est le seul moyen de nous sortir de l’inculture, de l’ignorance et surtout à battre ou à se libérer de la gangue des préjugés, des archaïsmes, etc.

Le secrétariat et la communication écrite constituent le socle fondamental  pour tout étudiant ou citoyen sur le professionnel, littéraire …

 

Comment votre ouvrage « La Correspondance Administrative ou Les Techniques d’écritures » pourrait-il aider les lecteurs ?

La correspondance administrative ou les techniques d’écriture pourraient aider les lecteurs en s’inspirant simplement de la méthodologie et de la conception d’une lettre de motivation, d’une demande, d’un CV, etc. Il pourrait aussi leur prodiguer des conseils et solutions y afférents. Je les invite  à le découvrir, à l’analyser et à me faire part de leurs points de vue, critiques, suggestions, etc.

 

Dites-nous quels sont vos futurs projets ?

C’est une bonne question. Les projets sont nombreux et probants. Je ne vais pas chômer. Je vous assure.

En effet, j’ai plusieurs livres en gestation entre autres, des livres sur la poésie abordant des thématiques sociétales, des chroniques ou des billets à visée journalistique , sociologique , critique, plein d’autres œuvres qui traitent de la diaspora, des rapports sociaux, politiques, anthropologiques, etc.

En outre,  j’ai besoin de moyens techniques, matériels et financiers pour produire et réaliser mes projets littéraires. Aussi, j’en ai besoin de beaucoup d’énergie et d’inspiration.

J’ai toujours confiance en moi et en dépit de moyens dérisoires, je continue à produire et l’osmose ne me manque pas.

Chaque jour est un nouveau jour car je ne lasse pas à mettre en œuvre mes réalisations.

D’ailleurs, j’ai un quatrième livre de poésie qui va sortir fin avril ou au plus tard le mois de mai prochain dans une maison d’édition française.

Je vous dévoilerai le titre à l’occasion et vous en parler.

On se retrouvera donc en mai pour parler de votre livre de poésie ?

Tout à fait, le processus éditorial de l’ouvrage est en cours. La mise en page et les maquettes sont presque achevées.

J’attends le bat (bon à tirer) pour donner l’accord à l’éditeur afin de l’éditer et le mettre en vente et sa commercialisation. Il sera sur le marché fin de ce moi d’avril ou au plus tard en cours du mois de mai.

Je vous tiendrai informé et communiquerai les détails. J’espère qu’il retiendra l’attention des lecteurs et du public en général.

Mais mon plus vif souhait, c’est de le rééditer en Algérie pour que les lecteurs algériens le découvrent.

D’ailleurs, je suis en contact avec des éditeurs algériens à ce sujet et si je trouve un accord avec eux, je rééditerai tous mes livres sans exception.

J’espère que ça ne tarderait pas.

La correspondance puis la poésie, à quand un premier roman ?

En effet, je suis en voie de composer des romans. J’ai déjà commencé le travail mais je ne me suis pas arrêté un moment faute toujours de moyens que j’ai évoqué au fil de l’entretien.

Surtout et depuis, je me suis installé à l’Hexagone, le temps est cher et chaque minute compte. Je travaille sans répit et je n’ai pas de temps à faire tout en parallèle.

Je suis parti faire des études en France, approfondir mes études et surtout consacrer un travail d’investigation sur la diaspora et la question migratoire. Vous voyez ? Mais je continue à carburer, à persévérer et à produire… Je ne manquerai pas de thématiques sur lesquels j’écrirai. Je déplore aussi le manque de correcteurs. Je demande aux universitaires, aux gens de lettres mais ce n’est pas facile.

De ce fait, je demande aux organismes et aux services qui veillent à la production littéraire, à la protection du patrimoine matériel et immatériel, c’est me soutenir et m’accompagner dans mes projets littéraires par des moyens matériels, techniques, qui me permettent d’évoluer dans le domaine littéraire et de l’écriture.

Si je vous dis littérature algérienne, vous me répondez… ?

La littérature algérienne est vaste et riche. Le premier écrivain que j’ai lu était Mouloud Feraoun surnommé Fouroulou, puis Mouloud Mammeri la traversée, Rachid Mimouni les fleuves détournés, Assia Djebar, Malek Haddad, etc.

La littérature algérienne est très riche et variée et surtout la littérature francophone. Voilà ce qui manque dans l’école algérienne. C’est d’enseigner nous enseigner et nous apprendre notre culture et civilisation. Nous avons un patrimoine inestimable et des écrivains, des hommes de lettres de renommés ….

La littérature algérienne se distingue  à l’échelle internationale  grâce à la plume d’Assia Djebar… Mouloud Mammeri et tant d’autres qui ont contribué à sa vulgarisation, sa promotion.  On a tout ce qu’il faut, c’est à nous de cultiver le champ maintenant. Les premiers ont défriché le terrain. Qu’attendons nous à suivre leur chemin ?

Merci de nous avoir consacré du temps à répondre aux questions de littérature algérienne, un dernier mot ?

Je vous remercie et remercie toute l’équipe rédactionnelle de littérature algérienne qui œuvre pour la promotion, la communication et la valorisation des écrivains algériens et de la littérature algérienne en grosso modo.

Je suis enthousiasmé et très honoré par l’intérêt que vous portez aux écrivains, aux artistes, etc.

Je vous remercie de cet entretien riche qui m’a fait énormément plaisir. Vous faites un travail excellent par le fait d’investiguer, de scruter et de chercher à interviewer, à mettre en avant via votre site toutes les plumes sans distinction et sans retenue.

Tel est l’objectif de journalisme, de la conscience d’exerce d’un métier comme le journalisme littéraire, une tâche difficile mais noble.

Je serais toujours ravi à répondre à vos questions pour les prochaines entretiens et suis prêt à apporter ma petite pierre à l’édifice pour donner longue vie à votre canal d’information littéraire.

Comme, j’en profite l’occasion d’interpeller le ministre de la culture et tous les organismes y afférents au monde de l’édition, à aider les écrivains qui s’investissent dans l’écriture, par financer et promouvoir leurs travaux littéraires…

Ainsi, Je leur demande un statut d’artiste digne de ce nom comme la couverture sociale qui donne droit à nos artistes.

Aussi, j’invite les lecteurs à se frayer le chemin de la littérature algérienne et à produire davantage pour la valorisation de l’enseignement, de l’éducation, et à lutter contre l’inculture, l’ignorance et l’illettrisme dans toutes ses dimensions.

Lire, c’est aussi avoir une vision du monde.

Je conclus par une citation d’Henri Grégoire :

“ Il faut éclairer l’ignorance qui ne connaît pas et la pauvreté qui n’a pas les moyens de connaître.”

Je vous remercie pour votre attention.

 

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