Entretien : Le poète Hamid Larbi nous dit tout

Littérature Algérienne est allé à la rencontre de Mr Hamid Larbi, journaliste et poète algérien. L’amoureux de la prose a bien voulut répondre à nos questions, un entretien passionnant à découvrir !

Pourriez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Je suis journaliste et poète,  né à Alger. J’ai quitté l’Algérie en 1993, au début de la décennie noire pour m’installer à Milan. Une longue période d’incertitude s’est installée autour de moi. Les rencontres, la musique, le théâtre  et le cinéma m’ont permis de retrouver de la maturité. En 1998, un nouveau voyage m’emmena vers un autre pays, une autre ville celle de Montpellier (France) où je  vis aujourd’hui …  Je suis auteur d’essais et de recueils de poésie traduits en espagnol, en italien et en russe, ma poésie prend sa source dans les profondeurs de l’âme humaine qui évolue vers un réalisme lyrique. En 1995, à Milan (Italie), j’ai reçu le prix en journalisme du Cercle de la presse de Milan pour « Giornalistà estera ».

Le passage du journalisme à la littérature s’est-il fait naturellement ?

Je pense que le journalisme m’a aidé à véhiculer les idées de liberté d’expression qui ont contribué bien entendu au passage vers l’univers de la littérature. Pour moi, la littérature est un moyen d’évasion, elle m’a permis de développe des images qui me  font voyager à travers le monde  mais également, je suis transporté au-delà, de l’imaginaire. Ma réflexion est que le journalisme se nourrit du réel alors que la littérature transperce le mystique.

Que gardez-vous de votre passage à Milan en Italie ?

Sincèrement beaucoup d’émotions, en arrivant je ne connaissais pas cette belle langue italienne. Avec le temps passé, c’était  devenue une destinée émouvante, radieuse et  affectueuse.  Après une longue période d’incertitude qui s’est installée autour de moi. Les rencontres, la musique, le théâtre  et le cinéma m’ont permis de retrouver une certaine maturité.

Quelle est votre relation avec la poésie, l’art en général et l’acte de création en particulier ?

Quand j’ai commencé à écrire de la poésie, grand était mon ignorance. Ignorance de qui j’étais. Ignorance des abîmes que recèle l’être humain. Ignorance des réalités de la vie. Ignorance de ce que j’allais lui demander… Au fil du temps, après bien des voyages et des interrogations, il m’est apparu que j’écrivais pour me tirer de la confusion, me libérer de certaines entraves, m’employer à devenir moi-même. Ainsi, sans savoir rien pressenti, ai-je été embarqué dans une longue et perturbante aventure de la connaissance de soi. Quant à l’art, je suis convaincu qu’il est la substance qui génère en moi cette tranquillité et alimenté mes rêves et la créativité artistique  contribue amplement à mon épanouissement, mais surtout à espérer à atteindre cette harmonie entre mon corps et mon esprit.

Votre œuvre parle du temps, de l’amour et de l’Algérie, avez-vous la nostalgie du pays depuis votre exil ? 

Entre le premier recueil et le dernier  vingt ans sont passés déjà depuis que je les ai écrits, et au cours de ces années, j’ai beaucoup évolué. Avec du recule, j’ai fini par comprendre que l’instant  présent est victime de notre inconscience à vivre en permanence soit dans un passé nostalgique, soit à la conquête d’un futur incertain. Pour moi le temps est l’ombre invisible qui nous poursuit du début jusqu’à la fin. L’amour de nos semblables, d’un pays,  de la nature, d’une divinité, n’est autre que ces sentiments d’affectivité et d’émotions intenses pour les quelles j’existe autant tel. Bien sur au début de mon exil, j’ai vécu un déchirement, des douleurs fortes et un déracinement pour lequel je n’étais pas préparé mentalement parlant. Aujourd’hui, je le vis différemment avec beaucoup de sérénité et je repars plusieurs fois dans l’année à Alger, mais mes moments préfères sont ceux que je passe au fin fond des montagnes de Djurdjura au village de mes racines.

Vous avez remporté récemment le Prix du Concours International de poésie, que représente cette distinction pour vous ? 

Tout d’abord, je voulais dédier ce prix à mon père qui n’est plus parmi nous. Bien je suis très honoré autant que poète algérien que la prestigieuse Académie Européenne des Sciences des Arts et des Lettres (AESAL) m’est décerné, le 26 janvier 2018 à Paris,  le prix du Concours International de poésie, « L’Amour de la liberté », accompagné de la Médaille commémorative Taras Chevtchenko. D’autant plus je suis très heureux d’avoir été élu membre de cette Académie. Ces reconnaissances ne peuvent être qu’un encouragement pour persévérer dans l’écriture, mais aussi la lecture et la découverte d’autres univers.

Si je vous dis littérature algérienne vous me répondez?

Enormément d’émotion de parler de la littérature algérienne, le premier nom qui me vient à l’esprit est celui de Apulée, cet amazigh né dans les Aurès,  l’inventeur du premier roman de l’’histoire au 2ème siècle avec son œuvre Métamorphose. La  littérature algérienne n’a rien à envier au reste des littératures occidentales, je peux citer ces écrivains contemporains  qui font m’a fierté : Mouloud Feraoun, Jean Amrouche, Mohammed Dib, Kateb Yacine, Frantz Fanon, Assia Djebar, Malek Haddad, Mostefa Lachref, Tahar Ouatar, Rachid Mimouni, Rachid Boudjedra, etc… la liste est encore longue sans citer aussi la nouvelle génération où on décerne des grands talents et beaucoup d’espoir. Je rêve qu’un jour on verra la naissance du Musée de Littérature Algérien et aussi la création des maisons de poésie un peu partout en Algérie.

Un dernier mot pour les lecteurs de littérature Algérienne ?

Tout d’abord, je suis très touché par votre sollicitation pour cette interview et c’est avec plaisir d’accorder cet entretien à un site qui œuvre vers la promotion de la culture algérienne en général et de la littérature en particulier. La culture est l’essence essentielle de l’existence d’une société. Je vous souhaite longue vie à ce site, à la littérature algérienne ainsi que ces lecteurs.

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